Nos chers écrans et nous, au temps du Covid-19

Nos chers écrans et nous, au temps du Covid-19

Depuis plus d’un mois que nous sommes confinés, entre télétravail ou école à distance, et mise entre parenthèses de notre vie sociale physique…, on utilise largement plus nos smartphones qu’avant le confinement.


À quoi ressemble notre vie, le nez sur nos écrans ?

Ce qui a changé avec le confinement

Ce qui a changé avec le confinement, c’est le temps que l’on passe sur nos écrans et l’usage que l’on en fait. 62% des 15 ans et plus affirment passer plus de temps qu’en temps normal sur leur smartphone. Et 45% de l’ensemble des sondés estiment y passer plus de 3 heures par jour.

Eh oui, on utilise nos smartphones pour rester en contact avec la famille, les amis et les collègues de travail (qui n’a pas organisé d’apéro Skype, ou de web-café ?!), pour travailler (personnellement j’ai découvert une foultitude d’outils de visio conférence dont j’ignorais l’existence. A tel point que je pourrais même m’amuser à faire un comparatif de leurs avantages respectifs…)

Pour se distraire aussi (réseaux sociaux, jeux, films ou documentaires en VODs, radios internet…),  pour apprendre (web conférences, moocs, etc.) ou réseauter.

Pas étonnant que l’on batte des records de temps passé le nez sur nos écrans !

Les écrans sont une fenêtre sur le monde et sur les autres

En cette période enfermés entre quatre murs, les écrans sont une fenêtre ouverte sur le monde et sur les autres.

Le digital nous permet de garder le contact avec l’extérieur, d’être informés, de prendre des nouvelles de nos proches confinés, de partager des expériences. En ces temps d’isolement, le digital est notre unique moyen de renforcer nos relations sociales avec ceux que nous côtoyons habituellement (amis, collègues, famille).

Au chapitre des bénéfices, le digital permet de stimuler des pensées positives. En nous permettant de nous relaxer et de nous changer les idées, les vidéos de chat, les MV (Musical Videos), ou encore les vidéos montrant les manifestations de solidarité envers les soignants et les autres travailleurs mobilisés pendant le confinement, nous font du bien !

Les jeux vidéo quant à eux facilitent l’expression de soi (je peux inventer mon environnement ou créer mon personnage), et permettraient d’améliorer certaines fonctions cognitives (jeux éducatifs ou stimulant l’activité physique).

Au-delà de ces moments de plaisir immédiat, les contenus proposés (films, de séries, de documentaires), peuvent également nous faire réfléchir au sens de la vie, nous pousser à questionner nos propres valeurs  selon Marie-Pierre Fourquet-Courbet et Didier Courbet, « Regarder de tels divertissements permettrait aussi une meilleure acceptation de soi, de ses qualités et de ses défauts, de la vie telle qu’elle se présente pour mieux, ensuite, lui donner une signification. » Et nous donner « le sentiment qu’on améliore toujours plus ses qualités et ses vertus ».

Mais comme en toute chose, l’excès d’écrans nuit…

Addictifs, les écrans présentent le risque bien réel de prendre trop de place dans notre vie, et de révéler de nombreux effets négatifs. Au-delà de 3 heures d’écrans par jour, on parle d’hyper-connexion (Oups… cela semble être le cas de près de la moitié d’entre nous pendant cette période de confinement !). 

Dès lors, à quoi s’expose-t-on ? À des risques psychologiques liés à une sur-utilisation : troubles du sommeil, isolement social, baisse de l’intelligence émotionnelle, ou augmentation des comportements matérialistes et addictifs…

Cette période inédite exige que l’on soit enfermés entre quatre murs, ce qui en soit est une rupture par rapport à nos habitudes et met à mal notre équilibre psychologique. A-t-on besoin de davantage mettre en péril notre équilibre psychologique en faisant du « binge watching » (visionnage boulimique de contenus) ?

À part si vous vivez seul, le temps passé sur les écrans doit-il primer sur les échanges avec vos proches ?

Comment faire ?

L’enjeu dans cette situation est de trouver un bon équilibre dans notre relation avec les écrans. Donc de limiter, consciemment, le temps passé sur les écrans à des temps « raisonnables » (j’insiste sur « consciemment » car vous remarquerez, si vous suivez votre temps d’écran sur votre smartphone, que vous passez certainement plus de temps sur les écrans que vous ne l’imaginiez !).

  1. Réaliser combien de temps je passe sur mon smartphone : Aidez-vous pour cela, du suivi de temps passé sur les écrans que vous propose votre smartphone,
  2. Je lâche mon smartphone, physiquement, en faisant des pauses numériques (petit conseil : vous serez moins tenté si vous ne l’avez pas sous les yeux !). Pour vous y aider, vous pouvez également agir sur les notifications, en les mettant en sourdine.
  3. … et je propose à ceux qui partagent mon toit de faire de même!

La crise liée au Covid-19 nous oblige à faire une pause dans notre vie ; elle nous force à ralentir. 

N’est-ce pas une période idéale pour consacrer plus de votre temps aux proches avec lesquels vous êtes confinés ?

N’est-ce pas une période idéale également pour prendre du recul, et pourquoi pas, réfléchir à comment vous voulez agir, à votre échelle, pour changer le monde de l’après-Covid-19 en mieux (plus durable, plus solidaire, plus résilient) ? 

SOURCES DOCUMENTAIRES

* Améliorons notre bien-être avec les écrans – 18 mars 2020 – Marie-Pierre Fourquet-Courbet, Professeure des Universités en Sciences de la Communication, Aix-Marseille Université (AMU) et Didier Courbet, Professeur des Universités et Chercheur en Sciences de la Communication, Aix-Marseille Université (AMU)

* Le confinement va-t-il accélérer notre dépendance au smartphone ? – 14 avril 2020 – Elodie Gentina, Associate professor, marketing, IÉSEG School of Management

* Cessons de nous inquiéter : les jeux vidéo sont bénéfiques en période de confinement – 3 avril 2020, Faustin Etindele, Sleep medicine & Social epidemiology fellow, Université du Québec à Montréal (UQAM) et Yann Leroux, psychologue

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